Sélectionner une page

Une méditation pendant dix jours, en silence, sans pouvoir lire ni écrire. Sans pouvoir écouter de la musique ou même faire un peu de jogging. Manger VÉGÉ le matin, le midi ET le soir? Siroter le thé.

Se faire réveiller à 4 h du matin par un « gong », méditer toute la journée, soit environ huit heures par jour, et se retirer dans sa chambre pour 21 h 30.

Eh oui, cette expérience me parlait tellement! Malgré les questionnements (mais, qu’est-ce que ça t’apportera?) ou l’incompréhension des gens autour de moi, j’ai suivi mon instinct et… voici comment ces dix jours se sont déroulés.

Mois d’avril 2013…

J’arrive à Vipassana, centre de méditation à Montebello. Je suis excitée, mais en même temps un peu apeurée. On me désigne une chambre et mon accompagnateur (mon mentor) me dit : ça va bien aller, ne t’en demande pas trop, respecte-toi. Il me prend dans ses bras et me laisse seule avec moi-même.

Me voici assisse à la table pour le souper, le dernier souper pour échanger avant que nos voix s’éteignent pour dix jours. Aussi surprenant que ça puisse l’être : aucun mot. Personne ne se parle.

Et c’est ICI que mon « MANGE, PRIE, AIME » À MOI commence.

20 h : SILENCE

Première nuit, premier « gong », premier déjeuner tout va bien. Je me sens seule, mais détendue. Je regarde la salle de méditation, nous sommes 50 femmes à vivre la même chose.
 Pendant environ huit heures, nous méditons; parfois en méditation dirigée, parfois librement. Habillée en « mou », ni maquillée, ni parfumée, mais je me sens zen.

Par contre, dès la fin de la deuxième journée, je commence à voir l’ampleur de ces dix jours. 
(Je ne sais pas si vous êtes capable de vous imaginer, mais de 4 h a.m. à 21 h p.m. en silence, la journée est longue et j’ai fait SEULEMENT deux jours! Il m’en reste huit!)

Jour 3

La méditation et le rythme deviennent UN CALVAIRE : je suis tellement fatiguée que je m’endors partout. J’ai très mal au ventre (n’étant pas habituée de manger AUSSI végé), je m’ennuie de mes enfants, j’entends ma voisine de chambre pleurer en silence et la salle où l’on passe la majorité de notre temps est tellement sombre et froide qu’elle me rend DÉPRIMÉE!

Bref, du jour 3 au jour 5, je me dis que c’est la pire expérience de ma vie, que JAMAIS je n’arriverai à terminer cette retraite.
La panique s’empare de moi durant une méditation : mon cœur se met à faire des « free game » : j’ai de grosses palpitations cardiaques. Respire Anick, accueille et ça va bien aller…

Par chance le personnel est très à l’écoute. L’enseignante m’explique que je libère certaines « mémoires ». EFFECTIVEMENT! Durant la méditation du jour suivant, je sens quelque chose de fort à l’intérieur de moi, comme un sentiment de libération, vraiment difficile à verbaliser. Un ressenti de vide (de douleur) et de plein (de pur bonheur).

À partir de ce moment, je suis de moins en moins fatiguée, je prends plaisir aux difficultés de CETTE méditation et j’aime l’approfondir. Je commence sincèrement à aimer mes journées et à me sentir choyée de vivre cette expérience.

Du jour 6 au jour 9, ma solitude devient enrichissante. Plusieurs jours seule avec mon silence me font redécouvrir les beautés de la vie si simple et pourtant si importante à mes yeux! Je redécouvre mes cinq sens : le vent sur ma peau, le bruit des oiseaux, l’odeur et le goût de la nourriture, TOUT est extrasensoriel.

Jour 10 : Le dernier jour. 
4 h : Réveil au « gong »
6 h 30 : Déjeuner
7 h 30 à 9 h 30 : Méditation dirigée
10 h : LE SILENCE EST LEVÉ

L’émotion est LÀ, SI présente que je fonds en larme au moment où j’entends : vous pouvez maintenant échanger. La parole est permise.

Aussi ridicule que ça puisse en avoir l’air, PAS UN MOT.

Je savoure l’instant présent. J’observe les gens. J’écoute les gens.

« Mais qu’est-ce que ça t’a apporté? », m’ont-ils demandé.

Une force en moi inexplicable, un goût immense d’être dans l’action et une passion pour le bonheur. Une confiance en la VIE.
Merci VIPASSANA. Merci à MOI de m’être offert ce merveilleux cadeau.

 

Par Anick Bétournay